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PSYCHEDECLICS

Au commencement, il y avait un univers photographique en noir et blanc. Puis la photographie couleur vit le jour à la fin du 19éme siècle. Les photographes ont alors fait lentement sombrer dans l’oubli la part de rêve qui incombait à la photographie noir et blanc. Dés lors, la photographie, déclinée en couleur, s’est orientée vers une relation plus concrète entre le photographe et son sujet. Les regards des photographes impriment alors, sur la surface sensible du papier photographique, les images d’un monde tout en couleur, bien loin de l’univers monochrome des prémices de la photographie.
Ce sont ces couleurs qui, préalablement définies, cadrent le sujet et collent aux nuances qui graduent notre monde. Les couleurs se révèlent alors en arc-en-ciel et non plus en camaïeux de gris. Après ce passage du noir et blanc à la couleur, pouvait-il y avoir une nouvelle avancée, semblable à celle qui fit rougir les pommettes de Pierrot ?
Les sujets photographiques n’ont en revanche que très peu évolué depuis la prise de vue des premiers clichés de notre histoire. Seuls les regards des artistes ont donné une âme parfois différente aux paysages ou aux poses d’illustres personnages. Des portraits de Nadar, aux visions de Robert Doisneau, en passant par les clichés de Man Ray, chaque sujet représenté n’est autre qu’un visage qui nous sourit ou une authentique scène de vie.
Nous parvenons alors à découvrir que l’impalpable est à porté de main. Telle est la sensation qui régit les psychés qui m’ont poussé vers l’univers psychédéclic. Il faut alors transformer les incertitudes qui nous environnent en visions nouvelles qui se révèlent par la composition photographique. Cela donne naissance à une image qui s’imprègne soudain d’éléments reconnus aux couleurs inconnues.
L’idée était née de l’étonnement qui me saisit en apprenant que dans un village, en Italie, certaines demeures étaient peintes en rouge, en vert ou en bleu. Elles devenaient ainsi plus facilement reconnaissables par une nuit sans lune. Là encore, il ne s’agit que de peinture mais les prémices d’une vision plus colorée d’un univers de béton venaient de voir le jour. Partant de là, tout l’univers ne demandait qu’à être teinté.
Colorer l’univers, vaste programme diraient certains et pourtant ! Les nuances qui lui confèrent son unicité sont en chacun de nous. Le turquoise est-il plutôt bleu ou plutôt vert d’après vous ? Ainsi, chacun de nous exploite différentes gammes de couleurs pour visionner la toile qui défile devant nos yeux. Nous regardons et apprécions chaque situation en fonction de son éclat et des couleurs dont elle regorge. Prenons les Indiens qui se peignaient le visage pour partir en guerre et célébrer des rituels, ou bien encore les mimes qui, le visage recouvert de blanc, troublent notre appréciation de leurs mimiques. Ils se masquent, le marquent d’une tache pour créer la différence. Le visage du mime exprimerait-il une autre émotion s’il était rouge ? Oui, je crois !
Les expressions s’affichent alors en fonction d’un code de couleur, préalablement établi, qui leur donne vie. Le rouge témoigne d’un sentiment colérique ; le bleu révèle les rêveurs et le jaune permet de dépeindre la joie.
C’est ainsi que mon univers se révèle et c’est ainsi que je colore mon monde pour témoigner plus personnellement des visions qui m’habitent. L’univers urbain devient étincelant, les visages s’illuminent de regards aux couleurs de diamant : le monde change ! D’un regard, en une pression sur le déclencheur, mon univers s’imprime sur la surface photosensible du papier photographique et c’est le déclic, ou devrais-je dire le psychédéclic.

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Mr Antoine E Meÿer
Tel : 05 55 32 74 55. Email : antoire.meyer2@freesbee.fr